Succession avec 2 notaires, qui paie les frais ?

2 notaire pour une succession qui paie les frais

Avec deux notaires pour une succession, les frais ne doublent pas. C’est la réponse courte, et elle mérite d’être dite d’emblée, parce que c’est précisément la crainte qui pousse la plupart des héritiers à hésiter. La réalité est plus simple : les émoluments notariaux sont fixés par l’État et leur montant total reste identique, qu’un seul ou deux notaires interviennent. Ce qui change, c’est la façon dont ils se répartissent entre les études. Voici comment ça fonctionne, qui paie quoi, et dans quels cas faire appel à un second notaire est vraiment justifié.

📋 L’essentiel à retenir

2 notaires = mêmes frais totaux, simplement partagés entre eux
⚖️
Émoluments réglementés
Le barème est fixé par décret : il ne dépend pas du nombre de notaires impliqués.

👥
Frais répartis entre héritiers
Les frais communs restent proportionnels à la part de chaque héritier, comme avec un seul notaire.

🔒
Un droit absolu
Chaque héritier peut choisir son propre notaire sans avoir à justifier sa décision.

Un éventuel surcoût ne peut venir que des honoraires libres (conseil personnalisé), distincts des émoluments réglementés et non systématiques.

Les frais doublent-ils avec deux notaires dans une succession ?

Non, et c’est important de comprendre pourquoi. Les émoluments notariaux sont encadrés par un barème national fixé par décret. Ce barème s’applique à la valeur du patrimoine successoral, indépendamment du nombre de notaires qui interviennent dans le dossier.

Concrètement, si une succession génère 3 000 euros d’émoluments avec un seul notaire, elle en génère également 3 000 euros avec deux notaires. La différence, c’est que ces 3 000 euros sont partagés entre les deux études selon leur degré d’implication respectif. Les héritiers ne paient pas un centime de plus.

La seule exception concerne les honoraires libres : des prestations de conseil personnalisé que certains notaires facturent en dehors du barème réglementé. Ces honoraires sont fixés librement par chaque étude, varient d’un notaire à l’autre, et peuvent effectivement s’ajouter à la note dans certains cas. Avant de vous engager, vous pouvez demander un devis écrit détaillant ces frais. C’est un droit, et c’est recommandé.

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Pour illustrer : sur une succession de 100 000 euros, les émoluments liés à l’attestation de propriété et à la déclaration de succession s’élèvent à un montant calculé selon le barème officiel. Ce montant reste identique avec un ou deux notaires. Seule leur répartition interne change.

Qui paie quoi entre les héritiers ?

Les frais de succession sont à la charge des héritiers, répartis en proportion de leur part dans l’héritage. Cette règle s’applique que la succession implique un ou deux notaires.

Voici comment s’organise concrètement la répartition :

  • Les frais communs (émoluments du notaire rédacteur, taxes fiscales, acte de notoriété, attestation de propriété) sont supportés par l’ensemble des héritiers, au prorata de leurs droits dans la succession.
  • Les honoraires de conseil spécifiques demandés par un héritier à son propre notaire (pour analyser un acte en détail, défendre une position particulière) peuvent être à sa charge exclusive, selon l’accord entre les parties.

Une précision utile : les frais peuvent être prélevés directement sur les liquidités de la succession, c’est-à-dire sur les comptes bancaires du défunt, si les héritiers s’accordent sur ce point. Cela évite à chacun de mobiliser ses propres fonds avant le règlement complet de la succession.

L’héritier qui fait le choix de prendre un second notaire ne pénalise pas financièrement les autres sur les frais communs. Sa démarche reste sans impact sur leur part.

Comment travaillent concrètement deux notaires ensemble ?

Deux notaires dans une même succession, ce n’est pas deux fois le même travail. Les rôles sont distincts et complémentaires, ce qui explique pourquoi les frais ne s’additionnent pas.

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Le notaire rédacteur (aussi appelé notaire principal) centralise le dossier. C’est lui qui collecte les documents, rédige les actes officiels, établit la déclaration de succession et coordonne le règlement avec l’administration fiscale. Il est le point de contact central pour l’ensemble des héritiers.

Le notaire conseil intervient pour le compte de l’héritier qui l’a mandaté. Il examine les actes rédigés par son confrère, s’assure que les intérêts de son client sont respectés, et l’accompagne dans la compréhension des documents. Il ne rédige pas d’actes parallèles.

Les deux professionnels échangent régulièrement et sont tenus par leur déontologie à coopérer. Cette organisation ne rallonge généralement pas les délais de règlement. En pratique, la présence d’un second notaire peut même fluidifier les échanges en évitant des blocages liés à un désaccord non résolu entre héritiers.

Dans quels cas un second notaire est-il vraiment utile ?

Prendre son propre notaire n’est pas une déclaration de guerre. C’est une démarche de prudence, légitime et encadrée. Certaines situations la justifient particulièrement.

Un second notaire est pertinent dans les situations suivantes :

  • Notaire de famille perçu comme partial : si le notaire désigné entretient des liens anciens avec l’un des héritiers ou avec le défunt, il est raisonnable de vouloir un regard indépendant sur les actes.
  • Désaccord entre héritiers sur la valeur d’un bien immobilier, le mode de partage ou l’interprétation d’un testament.
  • Succession complexe : plusieurs biens immobiliers, une entreprise à valoriser, des donations antérieures à réintégrer, ou des actifs à l’étranger.
  • Besoin d’être accompagné et compris sans dépendre du notaire choisi par les autres membres de la famille.
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À l’inverse, un seul notaire suffit largement lorsque la succession est simple, que les héritiers sont en accord sur le partage, qu’il n’y a pas de bien immobilier et qu’aucun testament ni donation entre époux n’est en jeu. Dans ces cas, ajouter un second interlocuteur n’apporte pas de valeur réelle.

La décision appartient à chaque héritier. Aucun co-héritier ne peut s’y opposer, et aucune justification n’est requise.

FAQ

Comment se passe une succession avec deux notaires ?

Un notaire est désigné comme rédacteur principal : il centralise les documents, rédige les actes et gère les relations avec l’administration fiscale. Le second notaire joue un rôle de conseil auprès de l’héritier qui l’a mandaté. Les deux professionnels coopèrent tout au long du règlement, sans doublon dans le travail produit.

Peut-on choisir son propre notaire si les autres héritiers en ont déjà désigné un ?

Oui, sans restriction. Chaque héritier dispose du droit absolu de faire appel au notaire de son choix, quelle que soit la situation. Ce droit ne peut pas être contesté par les autres héritiers. Il suffit d’informer le notaire déjà en place de l’intervention d’un confrère.

Les frais de notaire sont-ils négociables dans une succession ?

Les émoluments réglementés ne sont pas négociables : ils sont fixés par barème national. En revanche, les honoraires libres (prestations de conseil) peuvent faire l’objet d’une discussion avec le notaire. Demander un devis écrit en amont permet de comparer et d’anticiper ces frais.

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Benoit Martilleni

Passionné par l'économie et l'entrepreneuriat depuis plus de dix ans, je décrypte au quotidien les sujets liés à la finance, au marketing et à la gestion d'entreprise. Mon objectif : rendre accessibles des notions souvent complexes et partager des analyses concrètes, ancrées dans la réalité du terrain. À travers ce blog, j'explore les stratégies qui fonctionnent, les tendances qui transforment les marchés et les leviers utiles aux porteurs de projets comme aux dirigeants confirmés.

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